Une élection présidentielle anticipée et conflictuelle au Venezuela

Depuis l’élection contestée de Nicolas Maduro en 2013, il est difficile de passer à côté des différentes crises ou événements qui se déroulent au Venezuela. On ne présente plus l’opposition politique réunie sous la coalition MUD (Table de l’Unité Démocratique) qui souhaite voir Maduro quitter le pouvoir tandis que les anciens chavistes, continuant de soutenir le président, tentent tant bien que mal de légitimer leurs politiques et de sortir le pays d’une crise à multiples visages.

Les dernières divergences entre les deux camps ne risquent pas de s’atténuer puisque le président vénézuélien a annoncé en janvier dernier la tenue anticipée des élections présidentielles qui devaient avoir lieu à la fin de l’année 2018. Alors que le conseil national des élections a fixé la date au 22 avril, l’opposition nationale et les Etats-Unis dénoncent ensemble une manœuvre stratégique de Nicolas Maduro pour rester au pouvoir.

De ce fait, quelle place l’opposition aura-t-elle dans cette campagne ? Quid de l’ingérence des Etats-Unis qui réclament un départ des chavistes tout en soutenant les néolibéraux de l’opposition ? Revenons tout d’abord sur les diverses crises qui frappent le Venezuela depuis l’arrivée de Maduro au gouvernement et qui ne semblent pas s’estompées à cause des divergences politiques.

Les multiples crises vénézuéliennes

Depuis que Nicolas Maduro a pris la tête du gouvernement vénézuélien avec une très courte majorité en 2013 – moins de 51% des votes – le pays fait face à plusieurs crises. La première est une crise politique entre le gouvernement du président et les anciens opposants de Hugo Chavez, qui refusent d’admettre la victoire de Maduro et sont organisés sous une coalition appelée la MUD (Mesa de la Unidad Democrática) pour contrecarrer le régime de deux manières : par la violence dans les rues, avec de nombreux affrontements entre les forces de l’ordre et les manifestants faisant des centaines de morts et blessés depuis 2014 ; et en refusant le jeu démocratique de participer aux élections après que Nicolas Maduro ait tout fait pour diminuer les pouvoirs de l’Assemblée Nationale passée aux mains de l’opposition en 2015.

La deuxième crise est plus importante et d’ordre économique. Alors que le pays souffre d’une pénurie alimentaire et de médicaments, d’une inflation et d’une grande insécurité, c’est récemment l’annonce du défaut partiel de paiement qui a inquiété la population. En effet, le 14 novembre 2017, la crise de la dette est devenue un dossier brulant pour le gouvernement. Officiellement, la dette serait d’entre 130 et 150 milliards de dollars. Plus de 10 milliards appartiendraient à la Chine, entre 8 et 9 milliards à la Russie mais le reste appartiendrait à des investisseurs privés, dont une majorité viendrait des Etats-Unis[1] et aux créanciers multilatéraux. Christophe Ventura, chercheur à l’IRIS sur l’Amérique Latine, a affirmé que « le pays devra payer autour de 8 milliards de service de la dette en 2018 et dispose d’environ 9 milliards de réserves. Il peut donc techniquement payer, même si la situation est précaire. »[2] En revanche, ce sont bien la hausse des taux d’intérêts qui ont rendu le remboursement difficile, ne laissant aucune possibilité à la relance de la croissance. De même, le pays est encore largement endetté et même si le Venezuela tente de restructurer sa dette avec la Chine et la Russie, les Etats-Unis refusent que les entreprises privées qui détiennent des parts de la dette, négocient une quelconque restructuration.

A cela s’ajoute la chute du cours de pétrole depuis 2009 qui a perdu 70% de sa valeur tandis que la dépendance au pétrole du pays est plus qu’élevée : 95% de ses exportations sont d’origine pétrolières. De même, le gouvernement de Chavez suite à des décisions politique a entrainé une crise du contrôle de change qui correspond plus simplement à une crise du marché noir de la monnaie et donc à une augmentation de la corruption, que ce soit du secteur privée ou de l’administration publique. Très rapidement, il faut retenir que les réserves de change fondent, que la production du pétrole ralentit, que les exportations et importations ont plus que plongé, tout comme le PIB, alors que l’inflation ne cesse d’augmenter[3].

Quelle place pour l’opposition dans l’arène politique ?

Il faut reconnaitre à Maduro d’avoir été stratège quant à l’avancée des élections présidentielles. Ce n’est en effet pas un hasard si la date a été fixée au 22 avril prochain. En effet, à la mi-octobre se sont tenues des élections régionales où tout le monde y compris le gouvernement s’attendait à une victoire écrasante de l’opposition puisque les médias occidentaux n’ont cessé de nous montrer un peuple en colère contre Maduro. A la surprise générale, l’opposition s’est faite écrasée en ne remportant que 4 régions contre 19 pour le gouvernement.[4]

Ces résultats ont redonné un souffle de légitimité à Nicolas Maduro qui s’est empressé de faire campagne pour les élections municipales qui ont eu lieu en décembre dernier. Difficile défaite à encaisser pour l’opposition, cette dernière a décidé de boycotter les municipales. De ce fait, le Parti Socialiste Unifié du Venezuela (PSUV) a remporté plus de 300 villes sur 335, soit un résultat à la hausse face aux dernières municipales où il avait été vainqueur dans 242 villes[5].

Mais alors, comment comprendre cet échec lors des élections de l’opposition ? Pourquoi les vénézuéliens continuent de soutenir Nicolas Maduro alors que les manifestations n’ont cessé d’avoir lieu entre 2013 et 2017 et que les médias internationaux nous montrent un tel mécontentement de la population ?

Tout simplement, la situation se résumé en deux grandes idées. La première est que l’opposition a été tout aussi voir plus responsable que le gouvernement des violences dans la rues et des nombreux décès qui ont lieu durant des affrontements. En effet, dès 2014 la Mesa de la Unidad Democrática (MUD, ou Table de l’Unité Démocratique) a lancé la première vague insurrectionnelle avec las guarimbas (les barricades) qui a conduit à de violents affrontements. Et cela n’a cessé de s’embraser depuis. La deuxième est qu’elle n’arrive pas à clarifier son programme et à proposer des solutions aux problèmes des vénézuéliens (approvisionnement alimentaires et médicamenteux, inflation, insécurité etc.) à cause de ses divergences internes.

Le manque de cohésion interne à la MUD l’empêchera probablement de s’organiser comme elle l’aurait souhaité pour les prochaines élections[6]. Entre le programme insuffisant et le manque de temps, Maduro a profité de sa percée électorale fin 2017 pour donner un dernier coup à l’opposition en avançant les présidentielles. De même, la MUD a interdiction de se présenter sous une seule étiquette avec un candidat unique, ce qui l’empêchera de rassembler son électorat quelque peu fractionné entre les différents courants tels que Voluntad Popular ou encore Primero Justicia, principaux partis d’opposition[7]. Il faut comprendre que la MUD regroupe une vingtaine de formation allant de la droit conservatrice et néolibérale au centre gauche dont l’objectif principal est le départ des chavistes du gouvernement.

Bien que le journal Foreign Affairs considère que les élections soient truquées afin d’empêcher l’opposition de les remporter, c’est aussi le manque de stratégie commune qui peine la MUD[8]. Alors effectivement, des opposants politiques aient été emprisonnés, mais on ne peut pas affirmer que les deux dernières élections vénézuéliennes aient été truquées surtout que l’une d’entre elle fut boycottée par la MUD qui semble refuser d’admettre que l’électorat chaviste est mobilisé.

Même si l’opposition détient l’Assemblée Nationale, le secteur privé, les relais médiatiques et un soutien d’une grande partie des Etats occidentaux, les chavistes possèdent un électorat qui se mobilise massivement tout en arrivant à conserver le pouvoir grâce à l’armée, au Tribunal Suprême de Justice (l’équivalent du Conseil Constitutionnel) et de l’Assemblée Nationale Constituante (ANC) entièrement chaviste suite au boycott de l’opposition.

Quant aux partisans de Maduro, on sait que l’électorat mobilisé représente la population rurale et les classes populaires urbaines qui ne veulent pas voir revenir au pouvoir une droite néolibérale et conservatrice. En effet, Christophe Ventura considère que l’électorat chaviste souhaite la « poursuite des politiques économiques et sociales redistributives et associe l’opposition à une promesse d’austérité et de politique revancharde »[9]. Les prochaines élections pourraient donc donner une victoire à Nicolas Maduro. Cependant, un acteur ne cesse de mobiliser sa presse, ses lobbys et de soutenir l’opposition afin d’en finir avec le chavisme : les Etats-Unis, vainqueur du nombre d’ingérences en Amérique Latine.

L’ingérence des Etats-Unis dans la politique interne

Sans grande surprise, il ne fallut que très peu de temps aux Etats-Unis pour s’exprimer sur les élections anticipées demandées par Nicolas Maduro. La porte-parole de la Diplomatie étasunienne, Heather Nauert, a ainsi affirmé que le président vénézuélien n’était pas « assez courageux pour concourir à des élections sur un pied d’égalité » et que ces élections « n’ont pas l’assentiment de tous les partis politiques et limitent la possibilité d’y concourir »[10].

Bien qu’on puisse comprendre que ces élections avancées soient dans l’intérêt de Nicolas Maduro, on peut aussi s’opposer aux propos de cette porte-parole puisque l’opposition a bel et bien le droit de se présenter et de participer pleinement aux élections. Cependant, la MUD comme nous l’avons déjà précisé ne peut présenter un seul candidat commun, ce qui du point de vue des chavistes seraient tout aussi injuste. Suite à ces propos, il n’a pas été surprenant de voir Heather Nauert ajouter que les Etats-Unis allaient « continuer à faire pression sur le régime pour rétablir l’intégrité de la Constitution vénézuélienne ». Il serait ridicule d’affirmer que le Venezuela est une démocratie parfaite puisqu’il y a en effet une dérive autoritaire du régime, en revanche « faire pression » sur un gouvernement et étouffer économiquement une population par refus d’admettre la légitimité d’un gouvernement n’est rien d’autre qu’une énième ingérence des Etats-Unis en Amérique Latine.

Tandis que le Sénateur républicain Marco Rubio a suggéré à l’armée vénézuélienne d’organiser un coup d’Etat pour renverser Nicolas Maduro le considérant comme illégitime,[11] le Secrétaire d’Etat Rex Tillerson a affirmé que le gouvernement étasunien préparait de nouvelles sanctions économiques contre le Venezuela, notamment en interdisant la vente et l’importation de leur pétrole.[12] Récemment d’ailleurs, Mr Tillerson s’est rendu dans plusieurs pays d’Amérique Latin tels que l’Argentine, la Colombie et le Mexique afin de les convaincre de rejeter d’avance les élections anticipées au Venezuela.

Cette ingérence des Etats-Unis en Amérique Latine et au Venezuela n’est pas récente. Ne prenant que le cas de ce dernier, Washington avait participé au coup d’Etat contre Hugo Chavez, légitimement élu, en 2002. Depuis, les étasuniens financent l’opposition politique, relayant par leurs médias une propagande anti-chaviste tout en refusant de reconnaitre depuis 2013 la courte victoire légitime de Nicolas Maduro. Washington ne cesse d’accroitre les sanctions diplomatiques et économiques afin d’étouffer le gouvernement, n’hésitant pas à menacer d’intervenir militairement.

En effet, en août 2017, Donald Trump s’était exprimé à ce sujet : « We’re all over the world and we have troops all over the world in places that are very very far away, Venezuela is not very far away and the people are suffering and dying. We have many options for Venezuela including a possible military option if necessary »[13]. Ce qui peut nous paraitre absurde de la part des Etats-Unis est leur manière de retourner la situation à leur avantage. Les sanctions économiques aggravent la situation au Venezuela, Washington refuse d’aider le gouvernement à sortir de cette crise économique ou de réduire sa dette, et pourtant, Donald Trump menace d’intervenir pour sauver une population qui souffre du pouvoir. Bien que le gouvernement vénézuélien ait contribué aux violences et à la mort de manifestants, ce n’est pas la seule faute des chavistes si la population souffre d’une crise économique.

Le New York Times a récemment publié un article intitulé «Should the United States attack Venezuela?»[14]Et bien que le journaliste Davild Smilde explique que renforcer les sanctions en visant le pétrole n’aura pour seule finalité qu’aggraver la situation de la population, il appelle aux autres pays d’Amérique Latine, au Canada et à l’Union Européenne à contribuer davantage au règlement de cette crise en poussant Nicolas Maduro vers la sortie. En parallèle, le journaliste applaudit les « debt sanctions » de l’administration de Donald Trump qui empêche toute entreprise étasunienne d’acheter une partie de la dette vénézuélienne, ce qui a pour conséquence d’empêcher le gouvernement de Maduro de lever de nouveaux fonds. Le seul moyen de régler cette crise pour David Smilde serait que d’une part, Maduro reconnaisse les pouvoirs de l’Assemblée Nationale dirigée par l’opposition et lui laisse exercer ses devoirs constitutionnels. Et d’autre part, que les Etats-Unis, l’UE et les pays d’Amérique Latine refusent de reconnaitre les résultats des élections présidentielles d’avril prochain si le conseil électoral (officiellement pro-Maduro) ne soit pas changé.

En soit, les Etats-Unis continuent leurs sanctions économiques et embargo sur le pétrole, ce qui aggrave la crise vénézuélienne mais souhaite aussi que l’opposition dirige le pays, sans pour autant l’exprimer clairement, et ce, refusant d’admettre la légitimité du gouvernement de Nicolas Maduro.

Conclusion

Pour conclure, nous pouvons déjà prédire que les élections présidentielles d’avril prochain ne résoudront en rien la crise politique et économique au Venezuela. En effet, Nicolas Maduro a de fortes chances de rester à la tête du gouvernement face à une opposition dont la seule chance aurait été de présenter un candidat commun. Et même si cela aurait été possible, il aurait été difficile pour la MUD de s’accorder sur un programme commun et de rassembler une majorité de l’électorat dispatché entre les différents courants ou qui condamne les violences causées par l’opposition.

Ce qu’il sera en revanche intéressant d’observer sera la réaction des Etats-Unis mais aussi de ses partenaires régionaux et de l’Union Européenne à la suite des élections. On peut supposer que les Etats-Unis refuseront de reconnaitre Maduro comme vainqueur légitime, ce qui leur permettra de légitimer un durcissement des sanctions économiques contre le Venezuela. Nous l’avons dit, ces sanctions et l’embargo pétrolier ne résolvent en rien la crise économique à laquelle fait face la population et pourtant l’enjeu du prochain mandat de Nicolas Maduro sera bel et bien de sortir le pays de cette situation catastrophique et de renégocier une restructuration de la dette vénézuélienne auprès de ses partenaires stratégiques.

[1] Propos recueillis par Nathalie Vergeron, le 12 décembre 2017 : « Venezuela : Entretien avec Christophe Ventura pour la revue Diplomatie » (en ligne) : https://www.lemediatv.fr/articles/venezuela-entretien-avec-christophe-ventura-pour-la-revue-diplomatie

[2] Ibid

[3] Marie de Vergès, « L’effondrement de l’économie du Venezuela en 6 chiffres », Le Monde (en ligne), publié le 14 novembre 2017 : http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/11/14/l-effondrement-de-l-economie-du-venezuela-en-6-chiffres_5214803_3234.html

[4] Auparavant 18, puis 19 à la suite d’une réélection dans l’Etat de Zulia à la même date que les élections municipales de décembre 2017.

[5] J. CI et AFP, « Venezuela : Maduro remporte les élections municipales » Le Parisien (en ligne), publié le 11 décembre 2017 : http://www.leparisien.fr/international/venezuela-maduro-remporte-les-elections-municipales-11-12-2017-7445928.php

[6] Charlène Dupé, “Nicolas Maduro face à l’opposition politique” Blog (en ligne), publié le 23 octobre 2017 : https://spreadingtheory.wordpress.com/2017/10/23/nicolas-maduro-face-a-lopposition-politique/

[7]AFP et Reuters, «Une date pour l’élection présidentielle du Venezuela » Le Monde (en ligne), publié le 8 février 2018 :  http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2018/02/08/une-date-pour-l-election-presidentielle-du-venezuela_5253451_3222.html

[8] Harold Trinkunas, “The Tragedy of the Venezuelan Opposition” Foreign Affairs (en ligne), publié le 5 janvier 2018 : https://www.foreignaffairs.com/articles/venezuela/2018-01-05/tragedy-venezuelan-opposition

[9] Propos recueillis par Nathalie Vergeron, le 12 décembre 2017 : « Venezuela : Entretien avec Christophe Ventura pour la revue Diplomatie » (en ligne) : https://www.lemediatv.fr/articles/venezuela-entretien-avec-christophe-ventura-pour-la-revue-diplomatie

[10] Belga, « Crise au Venezuela: Washington « dénonce » la décision d’organiser une présidentielle anticipée le 22 avril » RTBF (en ligne), publié le 8 février 2018 : https://www.rtbf.be/info/monde/detail_crise-au-venezuela-washington-denonce-la-decision-d-organiser-une-presidentielle-anticipee-le-22-avril?id=9834912&utm_source=rtbfinfo&utm_campaign=social_share&utm_medium=twitter_share

[11]Associated Press, “US Sen. Rubio steps up Venezuela rhetoric by suggesting coup” Fox News (en ligne), publié le 10 février 2018 : http://www.foxnews.com/us/2018/02/09/us-sen-rubio-steps-up-venezuela-rhetoric-by-suggesting-coup.html

[12]: Mark Thompson, « U.S. could ban imports of Venezuelan crude oil” CNN (en ligne), publié le 5 février 2018 : http://money.cnn.com/2018/02/05/news/economy/venezuela-oil-sanctions-tillerson/index.html

[13] Ben Jacob “Trump threatens ‘military option’ in Venezuela as crisis escalates “ The Guardian (en ligne), publié le 12 aout 2017 : https://www.theguardian.com/world/2017/aug/11/donald-trump-venezuela-crisis-military-intervention

[14] David Smilde “Shoud the United States attack Venezuela? “ NY Times (en ligne), publié le 14 janvier 2018: https://www.nytimes.com/2018/01/14/opinion/united-states-venezuela-attack.html

Article proposé par Charlène Dupé, étudiante en Sciences Politiques (ULB Bruxelles)

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