l’Éternelle Augmentation

L’image du « soldat augmenté » est, en Occident, volontiers associée à ce que la production cinématographique et vidéoludique suggère en la matière : un combattant aux facultés démultipliées par la technologie ; champion, si ce n’est dernier espoir de l’espèce ; gladiateur auréolé de la gloire des combats remportés et des guerres achevées par ses interventions. Cette représentation de l’augmentation s’inscrit dans la droite lignée des épopées militaires où la prouesse martiale individuelle et collective reste l’étalon-or de l’appréciation des forces guerrières du monde. Elle évoque cependant, au-delà du simple triomphe de la discipline et de la volonté comme éléments constitutifs du combattant idéal, le désir d’épurer l’affrontement, d’en réduire en quelque sorte la barbarie et d’éviter, tant que faire se peut, de sacrifier de nouvelles générations de combattants sur l’autel de la victoire. On peut en effet choisir de voir, derrière cet intérêt commun des peuples et des intellectuels pour l’augmentation, le fruit amer des massacres d’autrefois, l’enfant du traumatisme ; comme si l’on espérait, collectivement et en silence, que l’épaisseur des armures parvienne un jour à étouffer tout à fait le fracas des combats. Mais au-delà des vœux pieux, l’actualité des réflexions en la matière, la nature des interventions diverses sur ce thème, qu’elles nous viennent d’entrepreneurs, de penseurs militaires ou d’autres « pensants » divers et variés, suggère au mieux l’hésitation, au pire, l’hostilité : l’augmentation, pourrait signer demain la fin d’un « contrat social » unissant par-delà les frontières la communauté des combattants.

D’Achille en Scylla

Ce que nous nommerons ici l’augmentation, c’est-à-dire la volonté de s’affranchir des limites de l’esprit et du corps humain pour optimiser ses performances dans le domaine militaire, n’est pas un phénomène nouveau. Alors que le soldat est avant tout « un agrégat, un mélange de compétences, d’équipements […] »[1] et d’orientations psychosociales, la volonté d’augmenter les performances du combattant regroupe tout à la fois l’ambition contemporaine de maximiser la charge emportée par un soldat que le désir ancien de soustraire le combattant du feu ennemi en le dotant d’une cuirasse de bronze. Or, cette démonstration du caractère traditionnel de la recherche de l’augmentation ne doit pas seulement nous conduire à banaliser ce qui pourrait apparaître comme un simple désir de progresser dans l’amélioration des capacités du soldat ; elle doit aussi nous fournir un système référentiel ancien d’où tirer de précieux enseignements sur la discipline intellectuelle appelée à dominer cette quête millénaire et éternelle de l’augmentation. Des mythes, comme nous le rappelle Brice Erbland[2], sont déjà porteurs d’enseignement en la matière : gare à ceux qui voudraient s’affranchir des limites les plus naturelles affirmées par leur humanité ; ils s’attireront la colère inévitable des dieux et leurs châtiments les plus ironiques et cruels. Le soldat augmenté de demain, réceptacle clément de cette lutte ancestrale entre l’hubris des êtres humains et le némésis dépêché par les dieux, sera-t-il le Bellérophon de notre siècle ?

Soldat augmenté

Au-delà du risque fondamental de l’esclavage technologique – notion sur laquelle nous reviendrons plus tard – l’augmentation du soldat pose deux irrémédiables problèmes : le premier, en présupposant l’origine technologique des augmentations et le maintien dans le temps de notre modèle sociale et économique libéral, est celui de la subordination de l’armée de la nation aux seuls intérêts privés et personnels inhérents à l’innovation sur laquelle reposerait in fine l’augmentation perpétuelle de nos combattants. Le second est celui de la déshumanisation du soldat qui, fort de ses outils et conscient de ses capacités améliorées, pourrait voir évoluer sa perception du combat dans un sens indésiré par les états-majors. Deux possibilités-clés structurent en effet la psyché et la vie du soldat et rythment d’une certaine façon la totalité de son engagement : mourir, et tuer. Or, « bien plus que le sacrifice, la vraie spécificité de la condition militaire est le pouvoir de tuer dans un cadre légitime. »[3] Cette légitimité étant construite, notamment, sur des notions de droit, mais aussi de morale. En un mot comme un cent, le soldat accepte de tuer, car il lui est possible de mourir lui-même. Cette réciprocité dans l’engagement fonde le contrat social liant entre eux les combattants, et équilibre les deux pôles que nous avons précédemment identifiés au sein de la conscience de ces derniers. Peut-on dès lors prévoir comment celles-ci réagiraient si l’une des deux variables de cette équation venait à disparaître du fait de l’augmentation ?

L’Impossible Distanciation

On sait combien l’essor des nouvelles technologies, comme pour répondre à la croissance exponentielle de la portée des armements, permet aujourd’hui d’éloigner le combattant du combat. Cette réalité stratégique et tactique, rendue possible d’abord par les progrès réalisés par les britanniques dans le domaine de la télémétrie, puis par les investissements allemands dans la missilerie et enfin la passion commune de l’humanité pour la célérité et la furtivité des armements, pousse aujourd’hui à une nouvelle innovation, la dématérialisation des combats, sans qu’il soit possible d’ignorer que cette dynamique découle directement de l’aversion pour le sang de nos sociétés occidentales tout à la fois traumatisées et aseptisées[4]. On peut dès lors distinguer dans les faits l’augmentation du soldat et celle de l’outil militaire, tout en reconnaissant le désir commun animant ces deux dynamiques : celui de rendre la guerre « correcte », cette propreté apparaissant aujourd’hui comme la condition sine qua non de l’acceptation du conflit par des opinions publiques présupposées réfractaires. L’essor du drone comme outil militaire primordial des forces armées occidentales permet pourtant bien d’illustrer le caractère parfois vain de la fuite en avant technologique : on espérait que ces UAV – unarmed aerial vehicles – mettrait l’homme à l’abri du combat, tout en réduisant le coût financier de déploiement de plateformes d’armement[5]. Ces deux hypothèses se sont révélées partiellement fausses : d’abord, l’aspect humain présupposait l’absence de troupes au sol et ce alors même que la doctrine du no boots on the ground montre aujourd’hui toutes ses limites ; l’aspect financier, quant à lui, présupposait que les troupes au sol se satisferaient autant de la présence d’un pilote en chair et en os que d’un drone ; ce n’est pas – encore – le cas[6], comme l’affirmait très récemment le journal Foreign Affairs après avoir consulté une portion significative du personnel militaire américain.

Peut-on lier l’augmentation du combattant et la distanciation, et fonder ses réticences vis-à-vis de l’un sur les limites observables chez l’autre ? Oui, dès lors que ces deux dynamiques correspondent au désir partagé de mettre les nouvelles technologies au service de l’augmentation et à travers une véritable révolution du contrat social des combattants ; et plus précisément, en annihilant la réciprocité millénaire entre la possibilité de tuer et celle de mourir, l’invulnérabilité du guerrier n’ayant, à travers l’histoire, jamais connu que deux conclusions : l’impossibilité d’accomplir l’acte guerrier, ou l’impossibilité de l’inscrire dans une structure morale et juridique par essence limitatrice. La docteure en science politique Caroline Galactéros résume bien les questions suggérées par l’irruption de notre perception contemporaine du soldat augmenté : la guerre a-t-elle changé de nature ou de visage avec la révolution numérique ? Quoi qu’il en soit, la surpuissance technologique des armées occidentales n’est nullement synonyme de suprématie sur le terrain. Elle peut accroître leur vulnérabilité, déshumaniser l’adversaire, interdire la victoire, tout en posant de redoutables questions éthiques. »[7] La distanciation, qu’elle soit technologique ou géographique – dès lors permise par la technologie – n’a donc pas pour l’instant atteint la majorité de ses objectifs : aux Etats-Unis, elle n’a même pas mis les pilotes de drone à l’abri des syndromes post-traumatiques.[8]

Un idéal guerrier incompatible avec nos démocraties libérales

Si les critiques et les hésitations de divers penseurs tolèrent parfois les augmentations purement synthétiques – au sens où ces augmentations, idéales au moment du combat, sauraient être alors « retirées » du combattant, à l’image d’un exosquelette équipé ponctuellement – la question de l’augmentation « inaliénable » croisant prouesses chimio-biologiques et mobilisation de nanotechnologies concentrent une part des inquiétudes croissantes de la communauté intellectuelle appelée à questionner l’avenir des soldats augmentés. En cause, l’existence d’une frontière qui reste à définir précisément[9] séparant ce qu’il est tolérable d’altérer et ce qui, par réalisme ou modestie, devrait échapper à la quête de l’augmentation. Les avertissements en ce sens ne manquent pas et ne sont pas même pas récents : plus d’un siècle auparavant, le colonel Ardant du Picq distinguait déjà l’instrument premier du combat, c’est-à-dire l’homme, et le but final des armées, c’est-à-dire le combat, arguant qu’une part de la réflexion menée au sujet de l’augmentation reposait sur une inversion dans la hiérarchie de ces éléments. « Il arrive souvent que ceux qui traitent des choses de la guerre, prenant l’arme pour point de départ, supposent […] que l’homme […] en fera toujours l’usage prévu […] Mais le combattant envisagé comme être de raison […] c’est l’homme des spéculations de cabinets, ce n’est point l’homme de la réalité. »[10] L’auteur de ces lignes fait ainsi apparaître deux points cardinaux de la réflexion à venir : la nécessité de faire reposer cette dernière sur des hommes de terrain et non sur des esprits reculés incapables de percevoir la réalité opérationnelle en dehors de considérations politiques et idéologiques à bannir, et celle de reconnaître que considérer le soldat par le prisme de son augmentation plutôt que par le prisme de son humanité constitue une erreur fondamentale.

1
La figure du Spartan est au cœur de l’univers de fiction Halo : ici représenté aux côtés de marines disposant des technologies classiques et répandues de cette franchise de science-fiction, le Spartan est d’une taille supérieure et est à la fois plus fort, plus agile, plus rapide et doté d’équipements plus rares et plus coûteux. Mais cette supériorité martiale a un prix : le Spartan, a contrario des marines qui l’entourent, n’est jamais qu’un instrument de combat. Conditionné depuis le plus jeune âge, il est un combattant avant d’être un citoyen.

Du reste et en dehors de la littérature spécialisée ou intéressée, la fiction elle-même est porteuse d’avertissements relatifs au recours à l’augmentation comme donnée tactique et stratégique primaire. Passé l’engouement très innocent des années premières, la science-fiction expose aujourd’hui plus volontiers le pessimisme que l’impatience et la peur[11] plutôt que l’innocence. L’augmentation – militaire ou civile, d’ailleurs – n’échappe pas à cette orientation : les Spartans de la franchise vidéoludique Halo sont ainsi des soldats d’élite appelés à secourir l’Humanité en s’acquittant des missions les plus dangereuses, mais dont l’efficacité martiale n’est obtenue qu’aux termes d’un conditionnement physique et psychologique constant seulement autorisé par l’enlèvement de « sujets » au plus jeune âge. Les Astartes de l’univers Warhammer 40,000 présentent eux aussi des compétences hors-normes, autorisées entre autres par une dotation technologique de premier choix, mais aussi par l’addition d’implants chargés tout à la fois d’augmenter les diverses capacités du porteur, mais aussi d’amener le corps de ce dernier à tolérer toute l’horreur à laquelle il sera par ailleurs confronté. Ils sont par ailleurs fanatisés, entièrement dévoués à un ordre politique totalitaire qu’ils n’ont ni le loisir, ni l’envie, ni même le droit de remettre en question. Quant à l’univers de Deus Ex, qui présuppose la mise en circulation croissante d’implants civils et militaires bouleversant les équilibres socioéconomiques[12] de nos sociétés contemporaines, l’augmentation débouche pour lui sur deux faits indiscutables : la soumission des états à la volonté des sociétés privées liées à la conception et à la commercialisation de ces implants, et l’instauration de fait d’inégalités croissantes fondées sur l’accès, ou non, à ces derniers. Dans les deux premières illustrations, la condition des « soldats augmentés » ne s’obtient au prix d’une transaction qu’aurait volontiers accepté Dorian Gray, les sujets renonçant à une part de leur humanité pour obtenir des compétences plus importantes ; ces derniers sont pour ainsi dire « retranchés » de la société et essentialisés à leurs capacités martiales, deux dynamiques peu compatibles avec les fondements même de nos démocraties libérales.

Perspectives militaires,
Perspectives sociales

Ces observations semblent toutes désigner l’augmentation comme une boîte de Pandore dont l’ouverture déclencherait des conséquences imprévisibles et présupposées néfastes. Comment expliquer, dès-lors, l’intérêt fluctuant des penseurs et militaires pour la mise en place du soldat augmenté ? On peut d’abord lier cette dynamique intellectuelle au triomphe constant – dans les esprits – de l’American Way of War ayant théorisé la suprématie technologique comme un élément cardinal de la victoire militaire, une approche géostratégique et tactique imposant par là-même une course ininterrompue à l’innovation et donc, à l’expérimentation ; course qu’appellent par ailleurs à refuser certains penseurs militaires français[13], conscient de l’attrition induite par une telle ambition dans un contexte de dissymétrie financière. On peut aussi citer l’aversion profonde de nos sociétés occidentales contemporaines pour le sang versé, partiellement nourrie par les massacres de la Grande Guerre, mais aussi par les « guerre sales » d’Indochine et d’Algérie où une partie de l’opinion publique s’est retournée contre l’institution militaire à laquelle elle reprochait une participation coûteuse et anachronique à des conflits immoraux à l’issue inexorable. Ici, l’idée même d’augmenter le soldat, c’est-à-dire de perfectionner ses performances tout en le soustrayant aux risques pourtant inhérents à la vie militaire, apparaît comme une parade à ce désintérêt, voire à l’hostilité du public : le soldat de demain, espère sans doute les penseurs, ne mourra pas et tuera beaucoup (mieux). Ici, les traumatismes du grand public rejoignent les fantasmes de certains décideurs, convaincus que l’on atteindra de leur vivant ce stade avancé de la science militaire où nos combattants parcourront les rangs adverses sans craindre ni le feu, ni la mort, annihilant les cohortes adverses certainement dépourvus de moyens équivalents ou de contre-mesures efficaces.

Mais à bien y réfléchir, les fantasmes dominent aujourd’hui l’émanation médiatique des deux camps : de la même façon que les critiques adressées aux désirs d’augmentation correspondent parfois, comme le soulignait B. Erbland, à un « principe de précaution totalitaire »[14] ; une part de l’intérêt conséquent des penseurs et décideurs pour le soldat augmenté descend d’une compréhension biaisée des réalités martiales, où les fantasmes se substituent aux faits opérationnels pour mieux épouser une considération surannée des engagements militaires. Le soldat augmenté, comme nous l’indiquions auparavant, est une réalité tactique et stratégique ancestrale : comparés aux ilotes qui les accompagnaient, les hoplites spartiates étaient des soldats augmentés ; comparés aux fantassins aztèques, les conquistadors étaient des soldats augmentés ; comparés aux personnels du 1er régiment d’infanterie de Sarrebourg, les opérateurs du COS sont des soldats augmentés. Ce qui les distingue réellement ne peut donc se limiter à leur seul statut, mais doit se concevoir à travers les moyens engagés pour obtenir ce statut : la condition des hoplites spartiates est le résultat d’un endoctrinement physique et psychologique auquel aucune société occidentale moderne ne pourrait en l’état consentir. La condition du conquistador est avant tout la conséquence d’un décalage culturel et technologique pratiquement interdit par l’actuelle mondialisation. La condition de l’opérateur du COS, enfin, ne présuppose ni un enlèvement précoce, ni supériorité culturelle, mais repose in fine à la fois sur une maîtrise technologique totale et un entrainement physique constant, écartelant l’efficacité martiale de l’opérateur entre deux pôles apparemment antinomiques et pourtant complémentaire : la dotation en équipements de pointe résorbant l’infériorité numérique ou la légèreté du dispositif logistique encadrant son intervention et la confiance absolue qu’une fois le contact établi, son adresse au tir, son endurance, sa discipline et sa force physique suffiront à prendre l’ascendant sur l’adversaire. Le soldat augmenté non-seulement existe déjà, mais encore, il existe depuis toujours. Le débat ne peut dès-alors plus simplement opposer partisans et détracteurs de cette augmentation, mais plutôt unir la communauté des penseurs dans la recherche de la limite morale précédemment évoquée.

Conclusion

La pensée liée au thème de l’augmentation militaire, pour être menée pertinemment et moralement, doit s’inscrire dans un ensemble intellectuel dense où les préoccupations juridiques doivent cohabiter avec des réflexions médicales, psychologiques et économiques. Au-delà des considérations tactiques, morales et philosophiques évoquées plus tôt, ces réflexions devraient être menées avec le désir constant (a) d’assurer l’intégrité physique et psychique des personnels des forces armées françaises (b) de conditionner l’adoption de chaque innovation relative à l’augmentation au respect du code du soldat actuellement en valeurs, mentionnant entre autres les points suivants : maître de sa force, il respecte l’adversaire et veille à épargner les populations […] membre d’une communauté solidaire et fraternelle, il agit avec honneur, franchise et loyauté. » Alors et seulement alors la France ne s’autorisera à considérer ses soldats qu’à travers le prisme de l’humanité.

Article proposé par Hugo Decis, étudiant en Relations Internationales (IRIS Sup’)

[1] M. GoyaDu bon dosage du soldat augmenté, La Voie de l’Epée, 07.09.2016

[2] B. Erbland – La tentation de l’hubris in Le Soldat – XXe et XXIe siècle, 2018

[3] M. GoyaDu bon dosage du soldat augmenté, La Voie de l’Epée, 07.09.2016

[4] G. DupireIl faut achever le « zéro mort » !, Le Monde, 13.04.2012

[5] I. PuscasLa quête du soldat augmenté, Le Monde Diplomatique, 09.2017

[6] J. Schneider, J. MacdonaldWhy Troops Don’t Trust Drones, Foreign Affairs, 20.12.2017

[7] Galactéros, Caroline. « Soldat augmenté, victoire fragilisée », Médium, vol. 35, no. 2, 2013, pp. 6-27.

[8] J. DaoDrone Pilots Are Found to Get Stress Disorders Much as Those in Combat Do, The New York Times, 22.02.2013

[9] « Sans céder à un principe de précaution totalitaire qui viserait à tout interdire, il est nécessaire de trouver une limite morale à l’augmentation du soldat […] Cette limite morale ne peut être fixée qu’à force de réflexion et d’anticipation. » B. Erbland – La tentation de l’hubris in Le Soldat – XXe et XXIe siècle, 2018

[10] B. Erbland – La tentation de l’hubris in Le Soldat – XXe et XXIe siècle, 2018

[11] M. SolanaStop Writing Dystopian Sci-Fi—It’s Making Us All Fear Technology, Wired, 08.14.14

[12] G. SmithThe Design And Politics Of Deus Ex Mankind Divided, Rock, Paper, Shotgun, 28.08.15

[13] M. ShurkinMeet France’s War Philosophers, War on the Rocks, 05.01.2018

[14] B. Erbland – La tentation de l’hubris in Le Soldat – XXe et XXIe siècle, 2018

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